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Ouverture culturelle

Ouverture culturelle

Par STEPHANIE VEDRENNE, publié le mardi 22 juin 2010 13:24 - Mis à jour le mercredi 23 janvier 2019 17:11

Les sorties au théâtre de Toulouse

Le triomphe de l'amour - Marivaux / Podalydès

Jeudi 7 février 2019 - 19h30

Marivaux regarde de tout près comment agit le désir amoureux : d'où ça part, ça monte, comment ça vient aux lèvres, comprimé, réprimé, comment ça se trahit d'une manière ou d'une autre, comment ça éclate. C'est l'aveu impossible et qui jaillit pourtant. Un tout petit mot, un petit rien, et ce petit rien fait vaciller le monde. Il regarde ce rien opérer dans la langue elle-même. C'est une maladie, une contagion. Dans un certain éclat d'esprit, apparemment enjoué, s'entend une effroyable violence du cœur. Le Triomphe de l'Amour est un saccage, une hécatombe.

Le langage est le champ de bataille, le langage fait enrager la bête en voulant lui donner forme raisonnable, le langage la nourrit et décuple ses forces. L'homme ou la femme qui aime se transforme en monstre, séduit et fait peur, bouleverse, affole, laisse l'autre exsangue. Il n'y a pas d'amour heureux: l'amour-propre, l'orgueil humain, l'inconscient, conduisent le cœur et se jouent de la raison.

On comprend que certains grands personnages de Marivaux, soucieux de paix, de bienveillance, de lettres aussi, renoncent délibérément à l'amour, s'en écartent, fondent une petite société à part de ses dangers et de ses charmes.

J'aime la figure du philosophe à l'écart. Hermocrate a constitué une petite société organisée philosophiquement selon ses principes. On y jardine, on y fait de la musique, on y lit, on y boit et mange, mais on n'y aime point. L'Utopie d'Hermocrate tient à ce renoncement.

L'harmonie règne au prix d'une mutilation.

La princesse Léonide, travestie en homme sous le nom de Phocion, arrive innocemment. Elle ne connaît pas non plus l'amour. Prise au jeu, inconsciente de la maladie qu'elle propage dans le jardin philosophique, elle mène simultanément trois conquêtes amoureuses avec autant de virtuosité que d'innocence.

Hermocrate, sa sœur Léontine et le Prince Agis succombent, non parce qu'ils ont affaire à une femme diabolique, mais à l'Ange, à l'Amour en personne, qu'ils avaient cru chasser du jardin.

Partage de danse

Jeudi 14 mars 2019 - 19h30

Ces quatre pièces contemporaines décryptent les liens, de quelque nature qu’ils soient, qui se tissent, se nouent ou se dénouent entre les êtres : complexes liens familiaux qui se manifestent souvent de façon paroxystique lors du traditionnel repas de famille (Liens de table) ou lors de la disparition d’un être cher, ici un père aimé (Fugaz), duo d’amour des amants originels (Eden) ou encore approche, d’un regard amusé et d’une infinie tendresse, de corps qui, sans jamais nous déranger, rebondissent avec agilité et poésie (Groosland)…

Iphigénie - Racine / Dabertl

Jeudi 18 avril 2019 - 19h30

La guerre de Troie est imminente et la flotte du roi grec Agamemnon est retenue dans le port d'Aulis depuis trois mois. L'oracle est consulté et l'oracle dit : pour retrouver la clémence des dieux, la fille d'Agamemnon, Iphigénie, doit être sacrifiée sur l'autel de Diane. Questionnant les actions par devoir, le bien-fondé du sacrifice ou encore les oscillations de l'amour et de l'ambition, Chloé Dabert se saisit à la lettre du texte de Racine, entre dans les mots du XVIIe siècle et interpelle le sens moral de cette expiation. Dans un campement entre plage et mer, les protagonistes encerclés reprennent à leur compte cette poésie si tragique, nous disent que l'action se nourrit avant tout de parole, que le désir des dieux entraîne toutes les soumissions, que la femme est la victime de tous les enjeux... Une pensée qui ne cesse d'en revenir à nous et aux choix qui nous dépassent dans le but d'un retour au calme ou de l'apaisement d'un climat....


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et n'oubliez pas l'atelier théâtre du lycée